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Prenez garde au virus de Scooby!

Etre benevole chez Scooby peut etre contagieux.

Jusqu’à maintenant je m’étais arrangé pour n’attraper ni la grippe aviaire ni la grippe porcine. Je suis, cependant, tombé sur le “virus de Sccoby” pendant un séjour de volontaire en Espagne. Comment ai-je été contaminé ? La réponse est simple.

J’ai moi-même deux chiens adoptés qui ont trouvé leur chemin pour la Suisse via New Graceland, une organisation suisse de protection animale qui collabore étroitement avec Scooby. C’est pourquoi Scooby ne m’était pas entièrement inconnu. J’avais l’habitude de me tenir au courant du travail de sauvetage de Fermin et son équipe en me connectant sur leur site internet. Je regardais aussi régulièrement les chiens à l’adoption. Lentement mais sûrement l’idée du bénévolat chez Scooby à Medina del Campo prenait place dans ma tête. Un jour j’ai pris contact avec Eva et Friederike pour parler des différents détails qu’implique d’être bénévole. En premier, j’ai été quelque peu décontenancé par les “règles de l’éthique de comportement et de travail” de Scooby, qui m’ont semblées plus appropriées à un camp de marche ou une colonie pénitentiaire qu’à un refuge d’animaux. Bien sur, j’ai plus tard réalisé que ces règles et règlements sont issus du travail quotidien avec des bénévoles venus des quatre coins du monde. Naturellement, chacun d’entre eux est une personne avec son propre caractère, ses opinions et expériences. Il y a des fois, cependant, où l’enthousiasme démesuré d’un bénévole peut passer pour une sorte d’excès de zèle qui ne sert qu’à exaspérer Fermin et son équipe. Cela m’a pris du temps également pour apprécier le fait que la façon de faire à Scooby était de bon sens, ce qui ne veut pas dire que des choses ne devrait pas être changées. D’ordinaire la pierre d’achoppement du changement est liée un manque de fondement et non un manque de bonne volonté. On ne doit pas oublier qu’il y a des raisons impératives à toutes les règles et les règlements. – Par exemple, quand une situation délicate peut devenir une situation potentiellement dangereuse. Un cas en particulier: Quand vous entrer dans un paddock, la plupart des chiens viendront s’agglutiner autour de vous, mendiant votre attention. Si vous commencer à caresser un chien au hasard puis un autre vous courrez le risque d’aller à l’encontre de la hiérarchie du groupe, quelque chose qui peut conduire instantanément à des comportements agressifs et même à une bagarre féroce entre les chiens! Aussi vous serez bien avisé d’accepter et d’adhérer aux règles.

Le 26 septembre 2009 je suis parti pour Medina del Campo. Merci à l’utile liste d’instructions de Friederike que chaque bénévole reçoit, Le vol et le trajet en train qui suit ont été maitrisés facilement. Une remarque sur la connexion : les tickets de train pour le Madrid-Medina peuvent être pris à l’avance sur internet. Pour cela et durant le trajet en Espagne, quelques connaissances de la langue vont seront très utiles. J’ai trouvé mon hôtel sans aucun problème. Aussitôt tout a été déballé et j’étais prêt pour découvrir la ville. La visite des sites d’intérêt historique de Medina est certainement bien, mais je dois admettre que je n’ai pris aucune visite guidée. Le matin suivant, je me suis rendu à Scooby pour ma première journée de bénévole. La route à pied de la ville à Scooby prend environ 30 minutes et, je dois dire, on s’y habitue très bien Vous devez marcher tout le trajet sur le bord d’une route très fréquentée (pas de trottoir!). certains peuvent penser qu’une demie heure de marche pour aller travailler c’est long. D’un autre côté, ce moment peut être utile pour se préparer à la tâche à venir ou, à la fin de la journée, pour réfléchir sur ce que vous avez vu et appris.

Enfin, j’étais là, debout devant la porte de Scooby! Un chœur d’aboiement m’a accueilli et l’excitation grandissait pendant que j’attendais d’entrer. Après un accueil chaleureux et un tour du refuge, j’ai été mis dans une équipe de deux autres bénévoles venus de Hollande. Nous avons commencé tout de suite. Notre travail quotidien consistait principalement à nettoyer les paddocks et les chenils. Au début il est difficile de savoir où sont situés les nombreux paddocks dans ce grand complexe et comment y accéder exactement. Il ne faut pas se décourager, car tôt ou tard le plan des paddocks devient clair comme du cristal. Concernant le travail lui-même, vous avez compris dès le début que vous êtes entouré par des “choses” qui font injure au nez de quiconque, pour ne pas dire plus. J’imagine que vous n’avez pas vraiment l’habitude de l’odeur des paddocks. Mais, en gardant juste à l’esprit que cette tâche est indispensable à la santé et au bien-être des chiens, cela devient supportable. Ce qui m’amène à une autre exigence : Peu importe quel job vous est assigné, peu importe combien déplaisante la tâche peut être, le seul objectif est d’améliorer le bien-être des chiens et non le nôtre (pas de voyage de l’égo ici !) Après le nettoyage quotidien, j’étais autorisé à prendre un peu de temps pour la sociabilisation de différents chiens. Il y a tant de chiens qui ont été traumatisés par leurs expériences passées, et qui ont perdu leur confiance dans les gens de façon compréhensible. Nous devons essayer de redonner à ces pauvres créatures au moins une part de ce qu’ils ont perdu. Cela demande beaucoup de patience et de soin, beaucoup d’amour et d’affection. La peur extrême de l’homme que ces chiens expriment très souvent empêchera leur resocialisation jusqu’à ce qu’ils aient appris que tous les contacts humains ne signifient pas un coup, jusqu’à ce qu’ils s’autorisent eux-mêmes à être des animaux de compagnie et à être capable de faire confiance à un homme. Le processus de sociabilisation demande beaucoup de temps – en fait il faudrait plus de 24 heures dans une journée pour aborder de façon adéquate tous les besoins des chiens traumatisés et leur donner l’attention qu’ils méritent. Par exemple, un des plus effrayé de ces chiens passe toutes ses heures éveillées à se recroqueviller dans le coin le plus éloigné du paddock. En marchant doucement, je pouvais l’approcher seulement à une distance qu’il sentait sûre pour lui. Je m’asseyais là sur le sol de manière à lui donner le temps de s’adapter à ma présence. Tout en restant assis, je commençais graduellement mon chemin vers lui, prêt à m’arrêter à la minute où il chercherait à s’échapper. De cette façon, je me suis rapproché de lui, rétrécissant la distance entre nous d’environ 4 mètres en l’espace d’une heure. Il n’est pas surprenant que mon crâne chauve soit brulé par le soleil par ce système, finalement, j’ai été capable de le toucher. Mon contact, cependant, l’effrayait tellement que sa respiration devenait superficielle et rapide et la panique brillait dans ses yeux. Il était clair face à cette réaction que je devais le laisser seul pour se calmer. A plusieurs occasions, j’ai répété mes tentatives pour m’approcher de lui – pas toujours avec succès. Vous pouvez probablement imaginer comme il est frustrant de passer une bonne heure à essayer d’approcher un chien, seulement pour le voir soudain sauter et se sauver. Vous vous sentez comme si toutes vos bonnes intentions n’avaient compté pour rien. Certains jours, seule une courte visite dans un paddock est possible, avec quelques courtes caresses à droite et à gauche, bien que laissant trainer votre main pour que les chiens puissent venir vous sentir. Dans un paddock en particulier je ne pouvais pas m’enlever l’idée de la tête que ces chiens étaient tous jeunes, quelques uns étaient encore des chiots, et qu’ils espéraient tous une partie de jeux. Il y avait un berger hyper actif dans un autre paddock, qui, comme un chien de travail, avait désespérément besoin de plein d’activité et d’un entrainement adapté. A quelques pas de là il y avait un chien aux yeux tristes, attendant patiemment que quelqu’un fasse attention à lui, bien que près de moi il y ait un « aboyeur », sautant dans tous les sens d’excitation, lui, aussi, avait besoin d’une attention spéciale. Plus loin il y avait un groupe de croisés qui aurait tellement apprécié une petite caresse et un jeu de balle. Le principe de base est qu’il n’y a jamais assez de temps, qu’il n’y a jamais assez d’aides pour donner à chaque chien ce qui lui est du. Scooby est en besoin constant de bénévoles pour alléger la charge de l’équipe permanente. Mon appel d’aujourd’hui est particulièrement destiné aux hommes : Signez pour Scooby et faite la différence! Chacun de nous est compétent à sa façon et je suis sûr que chacun de vous serait capable de faire bon usage de ses talents à Scooby. Même si ramasser le caca n’est pas un job de rêve dans l’esprit d’un homme, c’est néanmoins important. Une fois que vous avez fait le travail de nettoyage quotidien, d’autres, des tâches plus personnelles, attendent qu’on s’y attaque. Et, autre chose, je vous encourage messieurs à le faire: Soyez courageux et montrer votre côté ‘doux’. Ce qui est nécessaire ce n’est pas moins que des hommes qui n’ont pas peur d’exprimer leurs sentiments, qui avec une gentillesse et une patience sincères peuvent s’occuper de ces chiens effrayés et traumatisés ; Car les ‘durs’ parmi vous n’auraient pas une chance.

Après à peu près une semaine, il était l’heure de dire au revoir, j’ai rencontré des gens intéressants et me suis fait de nouveaux amis. En plus de Fermin, Sandra et de l’équipe permanente, il y avait mes collègues bénévoles venant de Hollande et des Etats-Unis, tous ont été drôles et il était facile de travailler avec eux. Une place spéciale et permanente dans mon cœur appartient à tous les chiens, mes amis à quatre-pattes, qu’ils soient timides ou sauvages, galgo ou moutons, grands ou petits. Sans exception, tous et chacun d’eux valent la peine, le temps et l’effort. Il y a des gens qui peuvent penser que certains chiens sont trop laids, et pour cela n’ont pas de chance d’adoption, ou même ne le méritent pas. Je ne suis pas d’accord du tout! Les apparences ne rentrent pas là dedans du tout. Chaque chien a sa propre personnalité, et de plus chaque chien a le droit à sa part de tendresse et d’affection humaine. Et bien sur, un droit à un foyer.

J’ai quitté Scooby de la même manière que je suis arrivé – à pied, mais plus riche d’expériences et de sentiments. Le chemin de retour sur la ville – et ici je reviens sur ce que je disais au début - m’a donné une bonne occasion de faire un adieu intérieur à la semaine passée. Au même moment, néanmoins, je savais comme un fait que cela ne serait pas pour toujours. Car, j’ai vraiment attrapé le virus de et je reviendrai sous peu!

Ralf

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